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Gabon vert : nos plages attendent des actes, pas des discours


Gabon vert : nos plages attendent des actes, pas des discours

Le littoral, image extraite de la vidéo de la plateforme Voyarna Phusis and Natura Credit:© 2026 D.R./Le Radar

Libreville face aux déchets plastiques : l’expérience australienne de Kwinana montre qu’il existe des solutions concrètes pour limiter la pollution du littoral. Le Gabon revendique son ambition de devenir une destination touristique fondée sur la richesse de son patrimoine naturel. Pourtant, sur le littoral de Libreville, les déchets plastiques continuent de s’accumuler, mettant à l’épreuve les discours sur la préservation de l’environnement.

Gabon vert : nos plages attendent des actes, pas des discours

 

Il y a quelques jours, la plateforme Voyarna Phusis and Natura a tiré la sonnette d’alarme à travers une vidéo publiée sur sa page Facebook. Les images montrent des bouteilles en plastique et divers détritus qui jonchent certaines portions du bord de mer, donnant à ces espaces naturels l’apparence de véritables dépotoirs.

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Le lien pour regarder la vidéo

 

Au-delà de la dégradation du paysage, cette pollution représente une menace pour les écosystèmes marins. Avec le temps, les déchets plastiques se fragmentent en microplastiques susceptibles d’intégrer la chaîne alimentaire et d’exposer les espèces aquatiques, ainsi que les populations humaines, à des risques de contamination.

 

La situation interpelle d’autant plus que les côtes gabonaises constituent des espaces de reproduction pour plusieurs espèces de tortues marines. L’accumulation des déchets peut perturber leur accès aux sites de ponte, tandis que l’ingestion de matières plastiques constitue un danger supplémentaire pour leur survie.

 

Une responsabilité qui ne repose pas uniquement sur les citoyens

 

Si les comportements individuels contribuent à cette dégradation, la lutte contre la pollution plastique ne saurait reposer exclusivement sur les populations.

 

Les pouvoirs publics, les collectivités locales et les entreprises ont également leur part de responsabilité. Les sociétés productrices de boissons et d’emballages, notamment, sont appelées à renforcer leurs engagements environnementaux, en participant davantage à la collecte, à la récupération et à la valorisation des déchets issus de leurs activités.

 

Le principe du pollueur-payeur doit également trouver une traduction concrète dans les politiques publiques. Quant aux établissements scolaires et universitaires, ils pourraient contribuer durablement à cette mobilisation en intégrant davantage les pratiques de tri, de réduction des déchets et de protection de l’environnement dans leurs activités éducatives.

 

Kwinana, en Australie : quand la prévention produit des résultats

 

L’exemple de Kwinana, une ville située près de Perth, en Australie, mérite à ce titre une attention particulière.

 

En 2018, la municipalité a expérimenté un dispositif relativement simple : installer des filets à la sortie des canalisations d’évacuation des eaux pluviales afin de retenir les déchets transportés par les eaux de ruissellement avant qu’ils ne rejoignent les cours d’eau.

 

Bouteilles en plastique, emballages alimentaires et autres détritus sont ainsi interceptés grâce à ces équipements.

 

L’expérience a débuté avec deux installations qui ont permis de récupérer 370 kg de déchets en quatre mois. Face aux résultats obtenus, trois autres filets ont ensuite été installés. En août 2023, plus de 3,6 tonnes de détritus avaient été collectées grâce à ce système.

 


Le modèle Australien

 

Cette initiative ne constitue pas une solution universelle, mais elle illustre l’intérêt des dispositifs de prévention pour limiter la dispersion des déchets dans l’environnement.

 

Pourquoi ne pas étudier la faisabilité d’une expérimentation similaire au Gabon, notamment aux endroits stratégiques où les eaux pluviales transportent les détritus vers le littoral ?

 

Quelle crédibilité pour la destination Gabon ?

 

 

Le Gabon ambitionne de valoriser son patrimoine naturel et de renforcer son attractivité touristique. Mais comment promouvoir cette destination auprès des visiteurs étrangers lorsque certaines plages, pourtant dotées d’un potentiel touristique considérable, sont régulièrement envahies par les déchets ?

 

La question mérite d’être posée aux ministères chargés du Tourisme et de l’Environnement, à l’AGATOUR ainsi qu’aux collectivités locales.

 

L’installation de bacs à ordures, l’organisation régulière d’opérations de nettoyage, le renforcement de la surveillance des plages et l’application de sanctions contre les incivilités environnementales figurent parmi les mesures envisageables.

 

Une attention particulière devrait être accordée aux plages de Libreville, d’Owendo, d’Akanda et de Cocobeach. Cette mobilisation gagnerait à s’accompagner d’un suivi régulier et de la publication de données permettant de mesurer les quantités de déchets collectées et les progrès réalisés.

 

Les associations citoyennes et les petites entreprises spécialisées dans la collecte et le recyclage pourraient également être davantage associées à cette politique.

 

Car le Gabon vert ne peut se limiter à une ambition affichée ou à des campagnes de communication. Il doit aussi se traduire dans la gestion quotidienne des déchets, la protection des espaces naturels et la responsabilisation de tous les acteurs.

 

Le patrimoine naturel gabonais est une richesse. Mais cette richesse ne se préservera ni par les slogans ni par les seules opérations ponctuelles de nettoyage.

 

On ne peut durablement vendre la beauté du Gabon au monde tout en laissant ses plages se transformer en dépotoirs. Le Gabon vert attend désormais des actes.

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