Crise institutionnelle : Michel Ongoundou Loundah évoque un « sort funeste » pour la République
Michel Ongoundou Loundah, ancien sénateur de Transition et président du parti REAGIR Credit:© 2026 D.R./Le Radar
Le président du parti REAGIR, Michel Ongoundou Loundah, a vivement critiqué, ce 18 février, la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre immédiatement les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, cette mesure, justifiée par les « dérives » des plateformes numériques, constitue une erreur d’analyse face aux véritables défis du pays.
Dans une tribune relayée par Le Confidentiel, l’opposant qualifie d’« aberrant » le comportement des autorités et évoque un « sort funeste » qui pèserait sur la République.
« C’est à croire que cette Vᵉ République est frappée d’une profonde malédiction. Comme si le charlatanisme mystique qui a servi à l’intronisation du président, le jour de sa prestation de serment, avait jeté un sort sur nos institutions », déclare-t-il.
Pour Michel Ongoundou Loundah, les dysfonctionnements qui émaillent l’actualité nationale ne sont pas liés aux réseaux sociaux, mais à des problèmes structurels : délestages électriques, accès limité à l’eau, hôpitaux sous-équipés, retards de paiement des enseignants… « Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui sont à l’origine de ces crises », insiste-t-il.
Depuis le début de l’année, le pays accumule les scandales et les tensions.
L’opposant cite notamment « le chantage et le harcèlement exercés par le Libanais Nazi sur la personne du président » et le « kidnapping d’un homme d’affaires chinois par le patron de la sécurité rapprochée du chef de l’État, ainsi que la gabegie... ».
Cette suspension, pour une durée indéterminée, met en péril tout l’écosystème numérique et, selon lui, « jette le discrédit sur l’ensemble de la nation gabonaise, dont l’image se détériore chaque jour » . Certaines rumeurs la relient à sa récente rencontre avec Bilie-By-Nze ou à un post de l’activiste Lanlaire annonçant des révélations.
Michel Ongoundou Loundah rejette ces hypothèses et interpelle les autorités sur la nécessité de prioriser les défis socio-économiques plutôt que de cibler les plateformes numériques.
« Les réseaux sociaux peuvent amplifier les débats, mais ils ne créent ni la crise sociale, ni les tensions budgétaires, ni les défaillances des services publics », rappelle-t-il.
Avant d’ajouter : « Dans tous les cas, la suspension, pour une durée indéterminée, des réseaux sociaux, en même temps qu’elle met en péril tout l’écosystème lié à Internet, contrevient aux dispositions de l’article 14 de la Constitution. »
Il conclut : « Pour terminer, je voudrais exprimer ici ma profonde tristesse en imaginant que, de là où ils sont, Ali Bongo et ses proches doivent bien rire du spectacle affligeant qu’offre la Vᵉ République. »